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Paranoïa ou phobie au service social municipal

AVERTISSEMENT : Ce billet date de plus d'un an.

Me voilà parti pour une « boucle de Santé spéciale confinement » de moins d’une heure.
En marchant, je me dis que je vais passer à côté d’un service à vocation « sociale » de la ville, et que je pourrais en profiter pour récupérer un dossier dont j’ai besoin.
J’entre dans la petite cour.
Manque de chance, une jeune femme vient d’entrer dans les locaux juste avant moi.
Sur la porte extérieure — c’est un « sas » avec deux portes à ouverture électrique —, je vois une affiche : « Avant de venir, veuillez téléphoner au… »
Ah oui, ben moi je suis (déjà) là !
J’entre, la deuxième porte s’ouvre.
Et une femme me dit sur un ton autoritaire : « Monsieur, veuillez attendre dehors ! »
Je m’exécute et me retrouve dans la cour.
Au bout de quelques minutes, celle qui m’avait demandé de ressortir pointe son nez par la porte intérieure : « Monsieur, vous pouvez entrer ! »
Le bureau d’accueil habituel est maintenant derrière une grande plaque en plexiglas. Et elle est réfugiée derrière, comme au zoo, au vivarium.
— Bonjour, je voudrais un dossier {Bip}..
— Ah, mais nous n’en avons pas, ça n’est pas ici !
— Si, si, je suis sûr que vous en avez.
Elle se dirige vers un bureau derrière elle.
— Dis, nous avons des dossiers {Bip} ?
— Ah oui oui, on en a, j’arrive.
Une petite bonne femme masquée sort du bureau et me dit : « Monsieur, reculez ! »
Je recule…
Elle insiste « Encore, encore ! », avec un signe de la main (gantée) genre « Vade retro Satanas ».
Puis elle se dirige vers un placard situé juste à côté de l’accueil et de la plaque en plexiglas et en extirpe un dossier.
Dans un déplacement circulaire évitant probablement des zones virtuelles ou imaginaires, elle va à une petite table située près de la porte d’entrée, avec dessus un flacon de gel hydroalcoolique, et elle pose mon dossier sur le coin de cette table.
Puis elle s’éloigne, en me faisant un geste du menton pour me dire : « Vas-y, prends-le ! »
Parler derrière un masque semble être pénible (moi j’y arrive pourtant), des fois qu’on s’étoufferait de politesse.
Je m’en saisis en me demandant si je devais le désinfecter au gel, d’autant que c’est l’un des rares endroits où j’en ai vu.
Et me voilà dans la rue, avec mon précieux dossier sous le bras.
Mais quelle expérience !
Et dire que j’étais dans un service… « social » !

© PF/Grinçant.com (2020)

2 commentaires sur “Paranoïa ou phobie au service social municipal”

  1. Avatar photo

    Cela devient délirant ! Nos gouvernants doivent être aux anges, de voir comment ils ont réussi à terroriser la population. Bonjour les angoisses pour ceux qui gobent tout sans se poser de question. Ils ont vraiment ramolli le cerveau d’une bonne partie du pays, et pour ceux qui n’adhèrent pas (encore) la mise au ban devient peu à peu de rigueur. Quel est celui qui va nous sortir de ce m…ier ?

    1. Avatar photo
      PF/Grinçant.com

      Oui, ça devient parfaitement délirant.
      La jeune femme qui est entrée avant moi était ce que beaucoup appellent une « cassos », et pourtant elle a dit un grand « Bonjour » à une vieille dame en passant devant son balcon (en rez-de-chaussée).

      La « peur » est une arme terrible, et là elle joue à plein régime. L’irrationnel de la situation semble échapper à beaucoup.
      Quant au ridicule, visiblement, il échappe à ces personnes qui sont (normalement) là pour « aider ».

      L’expérience était pour moi amusante, mais je pense qu’elle peut être traumatisante pour beaucoup. Et là, nous parlons d’un « public » qui en a souvent (déjà) pris plein la gueule.
      Si le même accueil est réservé à ceux qui vont « tomber » avec cette « crise », je les plains. :-/

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