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Obsession insomniaque, RIP

RIP Laurence

Mais quelle drôle de nuit !
Des insomnies, ça, j’ai l’habitude, et je les traite par le lâcher-prise.
Mais là, c’était particulier…
Des personnes de mon passé — que des femmes — ont ressurgi des tréfonds de ma mémoire.
Des prénoms sont revenus, puis les noms.
Et je me suis mis à les « googler » pour voir ce qu’elles sont devenues.
Ma génération fait qu’il n’y a pas forcément beaucoup de traces sur le Net.
Mais la réponse que je cherchais, c’était « Elle est toujours en vie ! ».
Sans aucune velléité de reprendre contact, de renouer.
Mais un prénom est arrivé, « Laurence »…
Et je me suis mis à chercher son nom.
Mais c’était vague, flou, comme fantomatique.
J’ai cru trouver, à maintes reprises.
J’ai « googlé », encore et encore, mais c’était à chaque fois une fausse piste.
Et je me suis recouché, sans pouvoir trouver le sommeil.
Il n’y avait de place que pour la prochaine itération mémorielle.
Jusqu’à la « trouvaille » suivante, et à sa vérification, toujours un échec.
J’ai essayé de remettre un visage sur le prénom.
Puis une profession, une situation.
Et je me suis souvenu, vaguement, qu’il y avait eu un « clash », en 1999 ou 2000.
J’avais fait cinq cents kilomètres, cinq heures de route, en plein hiver, pour lui rendre visite.
Et j’étais reparti dans l’autre sens, de mon chef, au bout de trente minutes.
Et le travail d’oubli s’est fait, naturellement, réciproquement.
Mais là, ça devient obsessionnel, il faut — je ne sais pourquoi — que je trouve !

Ce matin, je me suis levé un peu de guingois, car je n’avais toujours pas ce nom.
Et pourtant, je savais que j’avançais, que j’affinais, mieux qu’un fromager.
Et, sept heures après le début de mes pérégrinations mentales, alors que j’étais sous la douche…
… Un nom m’est venu, et je me suis dit : « Ça, c’est le bon ! »
Et, effectivement, j’ai eu une remontée du registre des entreprises, qui n’oublie rien.
Puis j’ai regardé les quelques résultats suivants, pour vite comprendre.
Un « Avis de décès », de juillet 2016, en région parisienne.
Laurence est morte à 55 ans.

Visuel : « Huit ans plus tard, il n’est jamais trop tard. »

© PF/Grinçant.com (2024)

8 commentaires sur “Obsession insomniaque, RIP”

  1. Je vous présente mes condoléances.
    J’ai retrouvé de la même manière un ancien ami dans le Sud décédé pendant la pandémie.
    Comme vous, il est courant pour moi de recevoir des « révélations » sous la douche ; je ne me l’explique pas.
    Mais tous ces indices fournis sont-ils destinés à un jeu de piste? Parce que c’est très facile là…

      1. Pour moi la douche c’est vraiment une sensation de nettoyage physique et spirituel, d’assainissement des pensées et de recentrage sur ce qui compte.
        J’ai moi aussi ce genre de fantômes du passé qui me hantent, des actes manqués (clin d’œil) qui me harcèlent, en particulier parce que j’ai souffert longtemps d’un perfectionnisme destructeur (recherche d’identité, de valeur, de reconnaissance depuis l’enfance / père absent) et que j’ai encore du mal parfois à me pardonner ces échecs (orgueil de base). Du coup j’ai vécu plusieurs expériences « contraires » à la vôtre où ce sont des femmes qui ont fait des kilomètres pour me voir et que j’ai repoussées, incapable de me laisser aimer…

        1. J’ai été surpris de l’effet radical/salvateur de la douche pour enfin trouver ce nom, alors que je m’apprêtais à renoncer. J’y vois vraiment du lâcher-prise.

          Je pense que ces remontées de « fantômes du passé » sont là pour évacuer plus ou moins définitivement le sujet, pour une libération définitive, à condition de savoir faire ce « travail ». Et c’est probablement « le moment » pour ça.

          Le passé est le passé, mais ce qui est déstabilisant, c’est de tomber de plus en plus dans la nécrologie en faisant ce genre de recherches. C’est mauvais signe :-/
          « Un jour, tu comprendras que tu as plus de temps derrière toi que devant… » (d’un nanar dont j’ai oublié le titre)

          PS : J’espère qu’elles ne venaient pas toutes à vous en même temps.

          1. PS : Non, non, ma conscience m’empêche de cumuler les « mandats » et il ne me semble pas être un PN non plus. C’est juste que je n’ai jamais été prêt à partager ma vie avec quelqu’un, ce qui est assez dramatique. Pas de lâcher prise quoi ;-)

            1. Si vous étiez un PN, vous ne seriez pas « seul », du moins en apparence, car ils/ellles ont toujours plusieurs « proies ».
              Il vaut mieux être seul que mal accompagné, et c’est si vrai.

  2. Idem pour moi également : j’ai souvent des flashs (pas forcément que sous la douche :-) et je me mets avec fébrilité à les rechercher sur le net, par nostalgie. Il m’est arrivé de me dire « je vais reprendre contact » avec untel(le) pour finalement apprendre que la personne en question est déjà « partie ». Un ami, que j’avais longuement hésité à recontacter, s’en est allé trop tôt avant que je prenne le temps de renouer un contact. D’autres sont restés sans suite, « invisibilisés » par leur âge. Et pourtant, je recherche longuement parfois, notamment en essayant la méthode « Osint ». Il y a des spécialistes pour retrouver des gens sur Internet : un vrai travail de fourmi à priori, mais avec l’expérience, cela abouti souvent, soit dans le monde réel, soit dans la rubrique nécrologie. Et puis il y a ceux qui, malgré un passage sous la douche, ne reviennent définitivement pas…

    1. De toutes les manières, ces « prises de distance » sont réciproques, et l’on peut se faire (re)jeter en cas de tentative de rapprochement.
      Le plus amusant serait que les deux protagonistes — vivant(e)s — fassent la même démarche en même temps — cf. « synchronicité » — sans que personne ne franchisse le pas de la tentative de (re)contact.

      Il y a longtemps, à l’époque des cybercafés, j’en fréquentais un, immense, à Paris Saint-Lazare, et je voyais le même site de rencontres sur beaucoup d’écrans. Je pense que des gens dialoguaient, via Internet, avec des personnes qui se trouvaient… dans la même salle !

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