Ah, la rando de « mon arbre », toute une symbolique !
Et, il n’y a pas à dire, j’ai bien choisi mon jour, le 29 novembre.
Le débit est presque à son maximum par rapport aux trente derniers jours.
Treize fois celui de début novembre !
Nous verrons bien s’il est possible de passer.
Je suis accompagné par deux personnes, dont une amie.
Pour elle aussi, il y a une symbolique sur ce parcours.
Nous l’avions fait avec son chien, un border collie nommé Chopin.
Mais, tout comme le compositeur, Chopin le chien n’est plus de ce monde.
Nous voici au pied de l’ancienne filature.
Il n’y a pas à dire, il y a de l’eau !
Perché sur un rocher pour prendre la photo, je prends des risques.
Nous continuons, et je suis rassuré.
Sur la droite, j’ai aperçu mon arbre.
Ouf, il est toujours là !
Et le passage n’est pas submergé de notre côté.
Mon amie marche devant en pensant peut-être à son chien.
Nous voilà à la voie ferrée.
La gare a été emportée.
Les trains aussi.
La rivière a pris ses aises.
Les arbres font trempette.
Mais dans ce coin, ils sont habitués.
Traces de la tempête Caetano du 21 novembre.
Le chemin est obstrué par des branches.
Mais il est possible de passer.
Un peu plus loin, c’est un arbre qui est couché.
Il devait faire une quinzaine de mètres de hauteur.
Voilà ce que c’est que de ne pas prendre racine, dirait Voltaire.
Vingt-trois mètres de hauteur, la Pierre aux Fées !
Le fief des légendes, avec des fées et des farfadets.
Un homme préhistorique aurait vécu dans une anfractuosité, à sa base.
Repos bien mérité, au sommet du rocher.
Le lieu est chargé d’ondes positives.
L’occasion, peut-être, pour chacun d’entre nous, de faire un vœu.
Et un peu plus loin, est-ce le vœu de mon amie ?
Un chien nous barre la route…
Et devinez, c’est un border collie !
Il pose un bout de bois devant nous, puis s’éloigne.
Et il court le récupérer quand nous arrivons à sa hauteur.
Puis il recommence son manège, encore et encore, jusqu’au belvédère.
Je commence à m’inquiéter de cette mascotte.
Je crains un enlèvement/une adoption s’il nous suit jusqu’au parking.
Qui est là-bas, pas très loin de la filature.
Nous rendons visite à mon arbre fétiche.
600 mètres carrés, c’est l’emprise au sol à l’abri de ses branches.
L’occasion de faire un peu de sylvothérapie.
Le chien — en fait une femelle — est toujours là.
À vivre sa vie de border collie sans troupeau.
À moins que ce soit nous, son troupeau du moment.
Plus loin, j’espérais pouvoir traverser.
Mais c’est la rivière qui l’emporte.
Rendant bien solitaire ce petit pont sur lequel nous ne pousserons qu’un soupir.
Alors nous continuons, jusqu’au prochain moulin en ruine.
Là, nous devrions pouvoir traverser.
Le précédent ouvrage avait été emporté, mais il a été refait.
Et, effectivement, nous avons pu changer de rive !
Le border collie est toujours avec nous.
Indifférent au courant, préférant les humains.
Alors que je prenais une avant-dernière photo.
Mon amie m’annonce que le chien a rebroussé chemin.
Il nous aura accompagnés pendant deux kilomètres et demi !
Je suis soulagé, car nous étions à quatre cents mètres de l’arrivée.
Le dilemme de l’adoption ne se posera pour personne.
Et après que ce chien nous ait pris en filature, nous voilà à la filature !
Visuel : « C’est parti pour une boucle avec 255 mètres de dénivelé. »
© PF/Grinçant.com (2024)
Que d’eau ! Et 6 ans après, un Border-Collie croise votre chemin : coïncidence ?
Votre arbre est toujours aussi majestueux (il n’a pas pris une ride par rapport à la photographie d’origine) : on dirait même bien qu’il a pris encore de l’ampleur. L’endroit doit lui convenir, bien ancré dans le sol.
Elle croit à la « synchronicité » et je la suspecte d’avoir fait un vœu en haut de la Pierre aux Fées.
Oui, il est toujours là, et je remercie le propriétaire de la parcelle de le laisser tranquille. Il impressionne toutes les personnes à qui je le montre.
En toutes saisons, il a son charme.
En voyant les rails, les vestiges de la filature, je me dis que nos aïeux/ancêtres avaient de quoi s’occuper au travail en effectuant les tâches « tout à la main » avec l’aide de chevaux de traits, de carrioles. Ils se « tuaient » au dur labeur en fonction des irrégularités du terrain/sol et en fonction du climat. Sans les prestations sociales, sans les aides sociales, pour faire vivre la famille, c’était « marche ou crève » !
Le mot « climat » a changé de sens. « Levez les yeux vers le ciel, car c’est là-haut que se trouve l’étymologie de climat ! En effet, ce terme de géographie a été emprunté à un mot latin qui signifiait “inclinaison du ciel”. En français, jusqu’au XVIIIe siècle, climat désigne d’abord une zone géographique définie selon sa position par rapport au soleil et ses conditions atmosphériques. Du XIVe au XVIe siècle, le mot a également été utilisé pour désigner une région ou un pays, et les voyageurs parcouraient ou visitaient donc différents climats ! Ce sens s’est aujourd’hui quelque peu éclipsé et ne subsiste que dans certaines locutions comme sous ces climats ou dans nos climats. » Marjorie JEAN, lexicographe, 28/10/2024, le Robert.
Les rails, c’était pour les tombereaux, car c’était un lieu d’extraction de sable.
La filature a été construite en 1861, et il y avait une roue à aube de 5 mètres de diamètre sur 2 de largeur, pour une puissance maximale de 25 chevaux, ainsi qu’une machine à vapeur de secours de 5 chevaux. Il y avait une cinquantaine d’ouvriers. Elle s’est arrêtée en 1870.
Très belle narration de cette promenade, haute en symboles, en spiritualité, en émotions! La Nature reprend toujours ses droits, je trouve cela apaisant pour le futur, quelle belle leçon de résilience…….
Oui, elle reprend ses droits, et il convient de faire avec.
Ce côté « débordements » m’a amusé/fait plaisir.
Et j’avoue que la rencontre de ce border collie — compte tenu du contexte — m’interroge.
Belles photos, ton arbre est vraiment magnifique!
Merci.
Toutes les personnes qui approchent ce chêne disent la même chose.