16 novembre 2021, randonnée en campagne.
Un circuit nouveau pour moi.
Une adoratrice des animaux m’accompagne.
Je vais l’appeler Inès, du latin « agnus » qui signifie « agneau ».
J’aurais pu l’appeler Joëlle — « chèvre sauvage » en hébreu —, mais Inès sera plus adapté.
Nous arrivons à un joli petit étang, avec son saule pleureur.
Et, juste à côté, sur une parcelle voisine clôturée…
Un équidé qui s’avère être une ponette.
Elle a l’air de faire la gueule.
Elle a peut-être honte, car son poil fait peine à voir.
En plus, une fainéante, car elle ne daigne pas s‘approcher de nous.
Tout juste nous regarde-t-elle, mais de loin.
Pour une fois, mon appel « Minou, minou » — qui énerve les chiens — est inefficace.
Alors c’est nous qui nous approchons, notre chemin passant juste devant elle.
Je photographie la ponette qui n’est pas pomponnée.
C’est alors qu’Inès hurle dans la campagne silencieuse…
« Mais regarde ses pieds, ses sabots ne sont pas entretenus ! »
Oui, la bestiole doit même avoir de la peine à marcher, d’où, peut-être, son immobilisme.
Inès, qui a déjà une idée derrière la tête, photographie la ponette avec son smartphone.
Je croyais qu’elle scannait son QR-Code.
Dès le lendemain, elle téléphone à la mairie du village pour demander à qui appartient cet animal.
Puis, après avoir réfléchi, elle appelle le propriétaire…
— J’ai vu votre ponette, et ses sabots sont en très mauvais état, au point de l’empêcher de marcher, ne pourriez-vous pas lui faire un parage ?
— Euh, de quoi vous mêlez-vous ? Vous avez ameuté toute la commune ! (La mairie l’avait appelé.)
— J’étais bien obligée, c’était pour obtenir vos coordonnées.
— Je n’ai pas pu m’en occuper, j’ai été malade et je n’ai même pas pu aller chez le coiffeur, c’est vous dire !
— Mais Monsieur, cet animal a besoin d’entretien…
Le bonhomme raccroche en maugréant et en disant qu’il va s’en occuper.
30 novembre 2021, 12h15, Inès m’appelle…
— Je suis perdue à {Bip}, et je ne retrouve pas le terrain de la ponette… Tu ne pourrais pas me guider ?
Je retrouve la parcelle sur ma carte et lui indique les coordonnées exactes à rentrer dans son GPS.
1,1 km à parcourir, que je suis en direct au téléphone.
— J’y suis ! C’est bien là ! Mais la clôture est ouverte, et la ponette n’est plus là !
S’ensuivent quelques explications possibles sur cette « disparition ».
Les poneys, ça rumine, les Inès aussi.
15h30, mon téléphone sonne à nouveau…
— Tu sais pas ? J’ai appelé le propriétaire de la ponette… Je lui ai dit que j’étais repassée près de sa parcelle et que j’avais peur que l’animal ne se soit échappé, car la clôture est ouverte…
Et le gars lui a répondu : « C’est normal, elle n’est plus là. Elle est morte ! »
— Quoi, elle est morte ? Mais comment ?
— Je ne sais pas, je l’ai retrouvée comme ça. Et vous ne pourriez pas plutôt vous occuper de vos oignons, ou de mon voisin qui, lui, maltraite les animaux ?
Sur ce coup, Inès n’était pas en liesse et elle a même failli mourir de tristesse.

© PF/Grinçant.com (2021)
Votre histoire touchante m’interpelle.
Je sais que pour une majorité les animaux ne sont pas autre chose que des objets, la crise Covid nous l’a une fois de plus démontré. Pour ma part, je considère qu’une Société où les humains ne respectent pas le vivant, et notamment les animaux, est un signe de décadence.
Sur cette affaire, j’avoue être septique sur ce monsieur et son histoire me laisse plus que dubitatif.
Je n’ai pas à vous dire ce qui peut être fait hormis un signalement à une association, et dans ce domaine, quoi qu’on puisse penser de la personne, la fondation Brigitte Bardot est la plus pertinente.
Vous l’aurez compris, en étant par ailleurs membre d’une association de défense des animaux, je suis contre la chasse « loisirs », les corridas — abjects relents barbares où les dés sont pipés —, les élevages intensifs qui n’ont que le profit pour raison d’existence, bref je soutiens pleinement L214 également.
Cette Société est malade et remplie de dégénérés.
Dans le temps, l’homme prenait soin de son cheval, de sa vache, de ses bœufs, de son chien et des chats par exemple, parce qu’il en avait besoin pour vivre ou protéger son existence.
Notre société urbanisée et de consommation a coupé tous les liens avec nos amis les bêtes qui sont tout sauf… bêtes, précisément.
En revanche, une majorité de bipèdes à station verticale — pour parodier HF Thiefaine — sont non seulement des bêtes, mais, pire encore, de sinistres connards qui n’ont même pas la cervelle d’un moineau.
L’Homme se croyant supérieur est en fait bien minable au regard de son aptitude à se débrouiller seul, de ses performances physiques ridicules et de son instinct de prédateur sanguinaire pour le plaisir.
Les animaux méritent d’être respectés, et quand un chasseur se fait écharper, un toréador encorner, un fermier, s’il est maltraitant, se prendre un coup de rosse ou, si par ses pratiques d’élevage, il perd ses bêtes, j’avoue ne pas verser une larme ni avoir une quelconque compassion pour ces humains.
La nouvelle loi de protection, une fois de plus, ménage la chèvre et le chou, ses avancées sont timides et inadaptées à la situation dramatique. Mais il est vrai que les chasseurs, les employés d’abattoirs votent, pas les vaches, les chiens, les ours, etc., etc.
Oui, vous avez raison, ça « interpelle ».
Et si je raconte cette histoire, c’est bien parce que je pense que ce bonhomme s’est purement et simplement « débarrassé » de l’animal de la plus vilaine des manières.
Le pire, c’est qu’Inès était presque prête à l’adopter, quitte à l’acheter.
Dès le début, elle s’est rapprochée d’une association locale de défense des animaux spécialisée dans les équidés qui lui a dit qu’il n’y avait pas grand-chose à faire dans ces situations qui semblent de plus en plus courantes. Elle lui a donc laissé quinze jours pour parer l’animal avant de se rendre à nouveau sur place, mais il était trop tard.
Inès — qui a du mordant quand il s’agit de mors ;-) — vient d’apprendre que ce triste personnage avait effectivement un voisin « maltraitant » : on a retrouvé chez lui une vingtaine de vaches en train de mourir de faim.
La dure réalité de la « campagne », même si ça n’est pas une généralité !
Pour finir, elle a envoyé un mail à la mairie de la commune pour signaler la mort/disparition de l’animal.
Mais bon, cet individu pourrait parfaitement être le maire, même si ça n’est pas le cas en l’espèce.
Bonjour à tous,
Il y aurait tant à dire… Combien de fois ai-je fait comme Inès, notamment quand je vivais encore dans la Somme… Tant de journées à contacter les personnes, les organismes sensés gérer ce genre de problèmes, et, en définitive, peu de choses peuvent être faites, entreprises, ou il faut du temps, ce qui condamne à coup sûr certaines bêtes maltraitées ou pas « traitées » du tout, comme c’est le cas pour cette ponette, malheureusement pas un cas unique, ou ces vaches abandonnées à elles-mêmes.
Il suffit d’ouvrir les yeux quand on marche dans la campagne, et quand on est sensible au sort des animaux on voit tout, contrairement aux autres, qui, comme le souligne @Flavien, les considèrent comme des objets, des meubles, et finissent par ne plus les « calculer », les oubliant au fond d’une pâture pourrie, ou attachés à une niche en plein vent comme ces pauvres chiens de ferme que nos gentils paysans laissent croupir toute une vie à l’entrée de leurs propriétés.
Donc, tant à dire, tant à faire encore, malgré des lois votées pour transformer le statut de l’animal, mais sont-elles sérieusement appliquées, servent-elles vraiment la cause de ces millions d’êtres qui souffrent, meurent quotidiennement ?
Gandhi disait qu’on mesure le degré d’évolution d’un pays à sa façon de traiter les animaux.
La France, sur ce sujet, n’a pas à faire la fière, avec ses chasseurs soi-disant amoureux de la nature et qui tirent sur tout ce qui bouge y compris leurs semblables, les débilos qui abandonnent leurs animaux de compagnie pour aller s’éclater en vacances, les enfoirés qui osent qualifier la torture jusqu’à la mort d’un animal, de patrimoine culturel, j’en passe et des plus sordides.
Ma conclusion personnelle est que, actuellement, dans sa grande masse, l’humain ne cesse de régresser, et cela à tous les niveaux, parce qu’il a perdu le sens du sacré, pas seulement vis-à-vis d’un Dieu créateur, mais de tout ce qui a été créé, qui lui a été confié, et dont il devrait se sentir responsable ainsi que le protecteur.
Cette période est donc fort utile, au final, parce qu’elle va permettre de commencer ce fameux tri, celui de séparer le bon grain de l’ivraie, les lâches, les égoïstes, les sadiques, les pleutres, les parasites, les idiots… se démasquent, grâce au masque !
Oui, et comme argument de défense, ce pauvre type répond qu’il n’a même pas pu aller chez le coiffeur… C’est dire à quel niveau il plaçait sa ponette laissée à l’abandon dans son enclos.
Le pire, c’est qu’un « propriétaire » peut quasiment tout faire sur « son » animal, y compris le mener à l’équarrissage sur un coup de tête.
Drôle d’époque !
Voilà une dizaine de jours, en randonnée, nous sommes tombés sur deux chasseurs…
Ils tiraient à une vingtaine de mètres de leurs voitures.
Et l’un de leurs chiens se tortillait par terre, l’air mal en point.
L’un de ces deux abrutis a dit à son collègue : « Il s’est fait piquer par des abeilles… »
Ben oui, ils donnaient des coups de pétoires juste à côté de… ruches !
Ah là là, en ce moment, on les entend, trop, ça me gâche la rando, et l’autre jour il y en avait deux, peut-être les mêmes que les vôtres, l’œil libidineux, les gestes mal assurés, les tronches bien rouges, mais pas du grand air, ils devaient sortir de table, car il était 14h à peine, ou d’apéro.
« – Elle s’promène toute seule, la p’tite dame ? Elle est pas perdue, des fois ? Sinon on peut la r’conduire ! »
« – Et vous, garés au milieu d’un chemin creux, un besoin urgent, peut-être ? Attention, car il fait frisquet, on a vite fait de s’enrhumer ! »
Gros rires gras, et on en resta là.
Humanité stupide, méchante sans même s’en rendre compte, laide sur tous les plans.
Moi aussi, plus j’ai pu approfondir ma connaissance des humains, plus je me suis mise à préférer les animaux à certains bipèdes.
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