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Un bout de marais paradisiaque

AVERTISSEMENT : Ce billet date de plus d'un an.

Marais… Marécage, bayou, tourbière, marigot, et même… pourrissoir !
Quelques synonymes, comme ça, histoire de mieux comprendre ce mot.
En France, en 2021, j’ai l’impression d’être dans certains de ces synonymes.
C’est glauque, puant, moche, malsain, dangereux, toxique.
S’il y avait des cygnes, ils seraient noirs, annonciateurs de désastre(s).
De quoi déprimer sérieusement si on se laisse aller.

C’est donc avec une certaine anxiété que j’ai fait cette randonnée.
Sur ma carte, il fallait traverser des marais, et atteindre une « roselière ».
Une roselière ? C’est un endroit où poussent les… roseaux !
Paradis des oiseaux, mais je les imaginais de mauvais augure.
Comme les corbeaux croisés vautours qui disent/croient nous « diriger ».
Et pourtant, et pourtant, une sacrée surprise m’attendait !
Tout d’abord, les cygnes rencontrés étaient bien blancs.
Majestueux et émetteurs de bonnes ondes.

Dans les marais, deux cygnes blancs

Et, un peu plus loin, enfin, la « roselière », entourée d’une eau verdâtre.
Mais ça n’est pas du tout ce qui a attiré mon regard.
Comme un aimant, sur la droite, il y avait comme un petit paradis.
Une ambiance particulière, un lieu que j’ai trouvé somptueux.
Un bout de marais atypique, en livrée d’automne, avec un soleil coopératif.
Du vert, et encore du vert, à la surface de l’eau, les herbes, les feuilles…
Vert, on dit que c’est la couleur de l’espoir.
Et que l’espoir fait vivre, alors vivons !

Un petit coin de paradis dans un marais (6)

D’ailleurs, juste à côté, cette jeune vache semblait bien d’accord avec moi…
Carpe diem !

Jeune vache et son tas de foin
Vache des marais qui n’en fait pas tout un foin et qui rumine positivement

© PF/Grinçant.com (2021)

14 commentaires sur “Un bout de marais paradisiaque”

  1. Pour authentifier votre première partie de la Brève, il paraît qu’en des lieux décrits si néfastes comme vous l’avez fait, les corbeaux qui passent en l’air, volent sur le dos pour ne pas voir le désastre/la misère en dessous. C’est peu dire !

    La verdure est bien présente et verdoyante. Quelle beauté, douceur pour les yeux. Quant à la vache maraîchine, elle est habituée à l’humidité qui est devenue son environnement par les marais et les prairies humides. Il y en a même qui prennent le bateau pour la transhumance…
    Transhumance des vaches par bateau à la Garette (Blog-Marais-poitevin.fr)

    Ah, j’oubliais ! Dans une vidéo, une vache m’a demandé de transmettre à Macron et consorts que les bovins leur disent « MEUH » ce que je fais afin de ne pas mentir à ces sympathiques animaux qui ont plus de bon sens que nos politiques qui croassent trop…

    « La gent trotte-menu, la gent marécageuse (La Fontaine) : les souris, les grenouilles. »

    1. La Garette, je connais !
      Et en plus, ces photos ont été prises dans le Marais Poitevin (2e zone humide de France). ;-)
      Je trouve ce paysage/décor complètement atypique, même pour des « marais » auxquels je suis pourtant habitué.
      J’ai publié toutes les photos prises à cet endroit, et je me suis dit qu’il fallait que j’y retourne avec plus de matériel. Mais je doute retrouver le même enchantement.

      La vache « maraîchine » n’a vraiment pas l’air malheureuse.
      Du coup, j’utiliserai moins — voire plus du tout — l’expression « Bête à manger du foin » !

  2. Les marais, souvent méprisés, dédaignés ou redoutés par l’homme, surtout autrefois, sont des milieux propices à la diversité biologique, où la Vie éclate sous toutes les formes possibles et adaptées à ce milieu bien spécial.
    J’aime particulièrement ceux de la Baie de Somme, où les chevaux Henson, une race créée pour cette région, ont, comme la vache maraîchine, élu domicile dans ces prairies d’herbes, d’eau, de roseaux, au milieu des oiseaux, comme sur vos photos, il s’en dégage une atmosphère de douceur, de paix, de fraîcheur vivifiante au milieu de tous ces verts et ces bleus.
    Désormais on a compris qu’il fallait protéger, préserver ces zones humides, et ce n’est que justice qu’on leur rend, à ces merveilleux endroits, où l’eau, la terre et le ciel ne cessent de s’épouser.
    La Nature nous console de tout, elle nous soigne au propre comme au figuré, elle peut nous guérir de tout, même des plus terribles chagrins, alors c’est dire comme on est loin des dangereux psychopathes qui nous dirigent et nous pourrissent la vie quand on a le bonheur de se promener au sein de ses merveilles… J’ai inscrit le Marais Poitevin, dont je ne suis pas très loin, sur ma liste de mes randonnées pour le printemps prochain, quand tout refleurit…
    Merci pour cette balade visuelle, cet avant-goût de bonheur, PF/Grinçant.

    1. « Désormais on a compris qu’il fallait protéger, préserver ces zones humides, et ce n’est que justice qu’on leur rend, à ces merveilleux endroits, où l’eau, la terre et le ciel ne cessent de s’épouser. »

      Hélas, hélas, sur ce coup je ne montre que le positif…
      En plein marais, à 100 mètres à vols d’oiseau de la roselière, ils ont implanté une (heureusement petite) station d’épuration !
      Et, au-dessus des deux cygnes, au loin (mais pas tant que ça), voilà ce que l’on voit en zoomant un peu :

      Au-delà des marais, des éoliennes

      Une honte ! Comme quoi les psychopathes n’ont pas de limites.

  3. Magnifique !!! Vraiment à apprécier, surveiller de près et protéger !!! Beaucoup d’agrindustriels seraient prêts à les assécher pour « irriguer » leurs cultures financières ; comme les autres qui font des méga bassines !
    La vie et la beauté contre la connerie mortifère et le profit !

    1. La destruction de cette enclave n’est pas si éloignée.

      « La vie et la beauté contre la connerie mortifère et le profit ! »
      Nos commentaires se sont croisés, voyez la photo que j’ai ajoutée dans mon post de 11h57… :-/

  4. Pour l’heure, ce qui protège encore un peu le Marais Poitevin, c’est qu’il est l’une des deux attractions majeures, avec le Futuroscope, de cette région à cheval entre la Nouvelle-Aquitaine et les Pays de Loire. Tant que les touristes viennent s’y faire promener en barque (le profit), même s’ils contribuent — par leurs visites en masse — à la dégradation du milieu, ce parc naturel sera relativement préservé.
    Quel que soit l’endroit, sa beauté, son utilité dans la biodiversité, le maintien du climat, il sera grignoté, peu à peu, ou envahi brutalement, par l’humain, on le voit déjà dans notre bocage, où des haies, des arbres, de petites forêts, les poumons de la terre, des plans d’eau, des prairies, des champs, sont sacrifiés pour des tronçons de route supplémentaires, des constructions de lotissements, des parcs éoliens…
    Profitons à fond et dès maintenant de ce qui existe encore, car nous n’allons guère vers le bon et/ou le beau.
    Un vieux film de science-fiction « SOLEIL VERT » m’avait bouleversée en son temps, choquée même, et je m’étais dit que si cela devait arriver un jour, je ferais comme l’un des héros, me laisser euthanasier sur fond de musique classique en visionnant une dernière fois toutes les beautés saccagées et perdues de ce monde, je ne voudrais pas continuer à vivre sur une planète où le dernier arbre se meurt au musée, où il n’y a plus d’autres espèces vivantes que ces bipèdes d’humains, où la mer a définitivement disparu… Un cauchemar… En sortant du cinéma, j’avais une soif atroce, et je me suis précipitée au troquet du coin pour une bière bien fraîche, à l’époque on n’avait pas encore besoin d’un passe…

    1. En effet ! Ces cygnes ont su les éviter, heureusement !
      Station d’épuration et courant haute tension n’ont rien de rassurant quant à la protection de ce coin de zone humide, nombre d’animaux ont déjà dû changer de gîte suite à ces deux installations…
      Rien de plus essentiel qu’une zone humide, qui nous rend tellement de services à tout niveau ! NDDL fût un grand exemple de la puissance des psychopathes qui, sans être inquiétés, ont saccagé sans vergogne pendant des années avant d’enfin abandonner ; plus récemment, les défenseurs de la zone humide du Carnet (qu’une poignée d’ennemis de la nature veulent transformer en zone portuaire, ah non, pardon, en « parc écotechnologique » avec surf park, méthaniseurs et autres énergies renouvelables aussi durables que ces éoliennes industrielles…) se font traiter de la pire des manières en toute impunité, parfait exemple de la puissance de ce système qui justifie le n’importe quoi n’importe comment et réprime fortement les actions et opinions défendant le cœur de la vie !

      Quels visionnaires ces auteurs ! Ils espéraient tellement nous prévenir du pire pour l’empêcher, mais à de nombreux égards, leurs cauchemars se sont réalisés voire même ont été surpassés dans certains cas : terrifiant !
      J’avais lu Soleil vert il y a quelques années, ainsi que Le Meilleur des mondes et Fahrenheit 451, qui m’avaient amené vers les dystopies et la SF, merci la prof de français !

      1. Il y a une curieuse propension à placer ces saloperies d’éoliennes à proximité des zones… ornithologiques « protégées » !
        J’ai observé la même chose à côté des marais de l’Île-d’Olonne, là où j’avais pris ces photos en novembre 2017 : Sous le signe des cygnes
        J’imagine que les oiseaux ne doivent pas y laisser que des plumes et je serais curieux de savoir combien on en ramasse au pied de ces monstres qui sont plus des pompes à pognon que des machines à produire de l’électricité.

      2. C’est parfaitement vrai, Flow, dans bien des cas, hélas, la réalité dépasse la fiction…

  5. Est-ce que l’homme appartient à la nature ?

    « — L’homme appartient à la nature, car tout est interdépendant. L’humanité est partie de l’animalité. Il faut faire attention au patrimoine de l’humanité qu’est la nature, à la fois pour la survie de l’humanité et plus généralement pour la survie de la Terre… — L’être humain est le dernier-né de la nature. »

    J’ai repris ce texte qui résume bien ma pensée.
    Dame nature est souveraine.
    Ce qui me désole, c’est le côté financier qui prime lors de la prise de décisions environnementales.
    Je suis originaire de Paris et j’habite la Vendée depuis plus de 29 ans, et pour rien au monde je ne retournerai citadine.
    Merci pour ces belles photos, Grinçant.
    Corinne, nous ne devons pas être loin l’une de l’autre.
    La nature est ma seule consolation et elle me donne toujours les réponses.

    1. Les « décisions environnementales » ne sont que des alibis pour nous pourrir la vie et nous faire payer toujours davantage, en continuant à enrichir toujours plus ceux qui détruisent notre planète par avidité du gain.
      Les « écolos » ? En cette période, on voit plus que jamais de quel « bois » ils sont faits ! Vermoulu et rongé jusqu’à la moelle par les termites.
      Il n’y a qu’à voir la mascarade de la voiture électrique… Et les éoliennes, qui passent la majorité de leur temps à ne pas tourner, le tout en les implantant le plus souvent à côté de lieux « sensibles » (cf. ce marais), avec des « paysans » qui préfèrent accueillir ces horreurs plutôt que de cultiver/élever.
      Nos forêts partent en Chine. Les panneaux solaires viennent de Chine…

      Oui, il y a (encore) des petits lieux magiques comme celui-là, et il faut savoir les apprécier tant que c’est encore possible.

      Décidément, la Vendée est à l’honneur !;-)

    2. Bonjour @Muriel,

      J’aime beaucoup votre citation, qui remet à sa juste place les humains, les derniers nés de cette merveilleuse création, alors que trop d’entre eux se comportent, se prennent pour les maîtres du monde et s’octroient le droit de l’exploiter jusqu’à le détruire, et paradoxe de cette époque, tout en nous faisant croire qu’ils veulent le sauver.

      Les Amérindiens qui avaient un très grand respect de la Nature, vivant en harmonie totale avec elle, ont prophétisé sur les temps futurs de l’homme blanc, voyant déjà ce qu’il advenait de leurs terres qu’il leur avait volées :
      « Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors le visage pâle se rendra compte que l’argent ne se mange pas. »
      Ou encore, cette remarque du Chef indien Sitting Bull :
      « La Terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la Terre. »

      Vous prêchez une convaincue pour notre amie Dame Nature, pour en avoir fait l’expérience, elle peut nous guérir de tout, des maux physiques, grâce aux plantes, fruits, épices, comme de ceux de l’âme, et réussit à nous consoler des pires chagrins. Je me souviens d’un très ancien reportage sur une femme qui avait écrit sur la terrible perte de ses trois fils, et expliquait que ce qui l’avait sauvée de la dépression la plus profonde et du suicide c’était les très longues marches qu’elle faisait dans son coin de Belgique, en communion totale avec cette nature qui l’avait aidée à surmonter l’insupportable.

      J’habite depuis 4 ans une petite bourgade, à 10-12 km de La Roche-sur-Yon. Comme vous, j’ai été très citadine, mais ne saurais plus supporter ce style de vie à l’heure actuelle, une fois goûté au bonheur d’être au cœur même d’immenses espaces de verdure, de champs et prairies, de forêts et petits bois, d’étangs et ruisseaux, à la croisée de tous ces chemins de randonnée, sans oublier la côte, hors saison touristique.
      Il est hors de question de revenir en arrière, je suis telle un gosse dans une pâtisserie, avide de tout.

      La Vendée est de ce côté-là un département idéal, les Vendéens ne boudent d’ailleurs pas leur plaisir, j’ai été étonnée de la pratique assidue par toutes les tranches d’âge, de la marche nordique, du running, du vélo, électrique ou tout terrain, de la marche-randonnée, etc.
      D’une manière générale, connue ou non, on vous salue quand on vous croise, vous vous sentez exister au lieu d’être invisible, impensable en ville…

      La crise Covid aura eu le mérite, un de ses seuls points positifs, de révéler qu’il fait meilleur vivre à la cambrousse qu’à la ville en certaines circonstances. On y est un peu moins étroitement surveillés, ça permet de garder une certaine liberté pour les activités qu’on aime comme de se balader. J’ai respecté les restrictions de temps et de distances au début, mais après, basta !
      C’est aussi un style de vie plus authentique qui convient à ma nouvelle tranche d’âge, où l’on n’a plus guère envie de superficiel, de consommation à outrance, de vouloir paraître plutôt que d’être, de rythmes infernaux, de pollution, de stress inutile, enfin un retour à une simplicité de bon aloi, bien reposante, que j’apprécie de plus en plus. Bref, tout ce qui m’a convaincue que j’étais enfin arrivée au bon endroit, où l’on prend le temps de se poser, de réfléchir. Et, tout en marchant, les réponses viennent d’elles-mêmes, évidentes ;-))

      Dépêchons-nous de profiter de tous ces endroits merveilleux. Les photos les immortalisent, mais si belles soient-elles grâce au talent du photographe, elles ne pourront jamais remplacer la réalité, juste réveiller la nostalgie de ces instants magiques.

      Belle après-midi @Muriel et Mr Grinçant.

      PS : Je retiens l’idée du gâteau aux noix sauce caramel beurre salé :-))), d’autant que la recette au micro-ondes rend ce caramel inratable, une découverte pour moi qui ne l’utilise que pour décongeler/réchauffer.

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