Cette boucle, je l’avais faite mardi 8 décembre.
Environ neuf kilomètres.
Bon, le sol était un peu gadouilleux, mais ça passait.
Il faisait beau et bon le long de cette rivière et dans les marais.
Trois rencontres pas très sauvages en guise de diversion.
Un chat tout gris avec un oreille échancrée.
Je m’approchais d’un mètre, il reculait d’un mètre.
Un petit toutou noir et blanc tout joyeux.
Avide de caresses, même par des inconnu(e)s.
Et une bestiole toute noire qui ne ressemblait à rien.
Elle me poursuivait en aboyant, et en fuyant dès que je me retournais.
Samedi 12 décembre, quatre jours plus tard.
Après la pluie, une accalmie.
Je décide de faire la même randonnée.
Mais là, Ô surprise, la donne avait changé !
Pas moyen de boucler la boucle.
Coupée presque dès le départ.
Comme un idiot, je me demandais comment traverser.
Mais point de bottes, seulement des chaussures « tige mid ».
Et de l’eau, il y en aurait probablement jusqu’aux genoux.
Alors, changement de programme.
Il ne s’agira que d’un aller-retour.
Par le chemin le plus ordinaire.
Le plus agréable, c’est de l’autre côté.
Là, c’est, enfin c’était un champ.
Un héron s’en envolera quelques minutes plus tard.
Et voilà une curiosité, un pont construit en 1877-1878.
Il est pour le moins typé, et même signé « Eiffel Entrepreneurs ».
Une plaque fait mention de « voyers ».
Il y a un voyer en chef.
Puis un voyer d’arrondissement.
Et enfin un voyer cantonal.
« Voyer = Officier chargé des voies publiques », dixit mon dictionnaire.
Autant le traverser comme un pont, sans le dévoyer.
Pour rejoindre un lampadaire.
Au pied duquel un chien semble avoir dûment pissé.
L’endroit est idéal pour admirer l’ouvrage d’art.
Un peu plus loin, l’extrémité du chemin désiré.
Mais là aussi, c’est noyé, tout comme au début.
Alors obligation de rebrousser chemin.
Et de repasser sur le pont.
Pour voir un courageux se lancer à l’aventure, depuis la rive.
Mais où est-il passé ?
Ah oui, il est sous le pont !
Avant de s’éloigner, debout sur son paddle.
Reviendra-t-il ?
C’est le moment de revenir sur nos pas.
Sur ce chemin ordinaire rendu extraordinaire par la crue.
Et c’est aussi le moment de faire une curieuse et sympathique rencontre.
Une petite famille dûment bottée.
La benjamine se prénomme Providence.
Elle tient une laisse pour un bien curieux animal de compagnie.
Qui les suit tel un mouton.
Mais au fait, c’est bien un mouton !
Ou plutôt une brebis.
Elle s’appelle Broussaille.
Elle a un joli harnais, par sécurité.
Les chiens peuvent être dangereux.
Elle les accompagne partout.
Elle a même fait de la montagne en Andorre.
Voilà un petit moment de convivialité qui fait chaud au cœur.
Pas de masque(s), un peu de laine, et que des bonnes ondes.
Cette randonnée commençait mal.
Mais, qui l’eût cru, tout s’est arrangé avec cette histoire de crue.
Vignette : « Des rivets pour ne pas dériver au rythme des crues. »
© PF/Grinçant.com (2020)
Bonjour,
J’aime beaucoup les deux photos prises au même endroit à quelques jours d’intervalle.
Dame nature est splendide et invincible, quelle beauté de la vie ! Je suis toujours en pleine sérénité en sa présence.
Quel bien-être, cette rencontre avec cette brebis quel beau cadeau, et le prénom de la benjamine c’est surprenant… Joli clin d’œil de la vie.
Merci de vos photos, moment de détente assuré.
À bientôt de vous lire avec une nouvelle destination.
Oui, des moments à vivre.
Et les mêmes lieux, à quelques jours d’intervalle, peuvent réserver bien des surprises, la preuve.
Ces promeneurs envisageaient d’affronter la crue en traversant cette fameuse route*, et pour la brebis : « Nous la porterons ! » ;-)
* Mais en fait ils étaient aussi bloqués côté pont, ce que j’ai oublié de leur dire. Et leurs bottes n’étaient pas assez hautes…
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