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Et si j’étais médecin ?

AVERTISSEMENT : Ce billet date de plus d'un an.

Hier, j’observais, à l’accueil de l’hôpital.
C’était dans le hall d’enregistrement, entre les tickets « consultation » et « admission », il y avait une bonne trentaine de personnes qui attendaient pour obtenir une « fiche de circulation ».
Et je me suis posé une question…
Si j’étais médecin, que ferais-je face à des gens :

  • Pas lavés ?
  • Mal fagotés ?
  • Pas souriants ?
  • Impatients ?
  • Impolis ?

Le cumul — partiel ou total — étant bien évidemment permis/constaté.
Accepterais-je de les recevoir ? De les soigner ?

Ou bien, s’ils me présentaient une carte « Bleu, Blanc, Rouge » de ministre/secrétaire d’État, ou de député LREM…
Ne serais-je pas tenté par une « erreur » de diagnostic/de traitement pouvant engager un pronostic vital pour rendre service à la nation ?

J’ai souvent envie de brandir le Serment d’Hippocrate face à des praticiens/personnels de Santé qui « abusent ».
Mais là, je me mets un peu à leur place, et je me pose la question, concrètement.
Que ferais-je si j’étais médecin ?

Mais heureusement, je ne suis pas médecin !
Je suis simple patient, et dans tous les sens du terme… ;-)

© PF/Grinçant.com (2019)

6 commentaires sur “Et si j’étais médecin ?”

  1. « Ou bien, s’ils me présentaient une carte “Bleu, Blanc, Rouge” de ministre/secrétaire d’État, ou de député LREM… »

    Je ne sais si le Val de Grâce est toujours ouvert pour eux, mais je pense que vous n’aurez pas beaucoup de chance d’en rencontrer l’hosto c’est pour la France d’en bas…
    Bon rétablissement.

    1. Effectivement.
      Ou ils fréquentent plutôt les cliniques privées…
      Cela ne changerait rien à mes états d’âme — si j’étais médecin dans de tels établissements — face à ce genre de patientèle. ;-)

  2. Si vous étiez médecin ?

    Vous pourriez dire:
    Marre d’être privé de moyen, de budget raboté, d’insultes reçues, de garde de plus en plus longue et stressantes avec la certitude d’être toujours la variable d’ajustement pour faire des économies et de toujours toucher un salaire gelé et une retraite qui s’annonce à hauts risques entre autres joyeusetés.

    Pour couronner le tout, les bureaucrates qui foutent le bord.. n’hésiteront pas à vous jeter aux chiens et faire de vous le bouc émissaire si un « incident » survient dans l’hospitalisation d’un de vos patients.
    Que dire du SAMU dont les régulateurs sont de plus en plus des plateformes constituées de « novices intérimaires » pour palier le déficit chronique de personnel et de moyen.

    Résultat qui se fait vilipender ?
    Ceux qui suppriment ou ceux qui essaient avec les moyens du bord de faire face à une situation hautement dégradée pour ne pas dire en crise annonciatrice d’un désastre sanitaire et d’une marchandisation de la santé.

    Ce gouvernement VEUT la mort de tous les services publics, non pour équilibrer les budgets mais pour au contraire rendre service à la finance abjecte dont ils sont partie prenante.
    Suffit d’écouter les discours de « Lemairdeux » et vous avez tout compris.

    Bref si vous étiez médecin dans l’Assistance Publique aujourd’hui vous seriez en grève comme depuis 2 mois :)

    1. Il y a ce contexte, en effet.

      Mais, et c’est le sens de ma Brève, beaucoup de « patients » en rajoutent largement dans les « désagréments », ce qui n’est pas fait pour arranger les choses.
      Pour ma part, je mets toujours un point d’honneur à arriver « nickel » — lavé/parfumé et correctement habillé* — à un rendez-vous médical, toujours un peu en avance, aimable/avenant, et avec le sourire. Et je constate que l’on me le rend bien, et que je suis un « bon client », voire un « rayon de soleil », pour bien des praticiens, alors que le contexte — plutôt “lourd” — ne s’y prête pourtant pas particulièrement.

      Je posais récemment la question à une amie toubib — ce qui confirme d’ailleurs une discussion que j’ai eue avec ma généraliste —, en évoquant la patientèle « de ville »…
      – 80 %, sont reçus dans l’indifférence/la routine.
      – 10 % génèrent le dégoût, l’envie de ne plus les voir, ou pire encore :-/
      – 10 % génèrent une forte empathie/sympathie. Et, dans ce lot, une petite minorité des patients avec qui le praticien aurait envie d’aller plus loin, comme de prendre un café/thé et de refaire le monde…

      *Bon, bien sûr, si l’on me récupère accidenté, au bord d’un lac, tout terreux/ensanglanté et en tenue de randonnée, c’est autre chose, mais là je rentre dans le contexte « Urgences ».
      Idem pour un SDF qui aura quelques « excuses », mais aussi de grandes difficultés à « consulter ».

  3. Ah mais je suis bien d’accord que de nombreux patients sont « borderline » dans les hôpitaux et de plus en plus en médecine « de ville ».

    Restent à savoir s’ils en rajoutent délibérément ou pas.
    Je m’explique au travers de quelques exemples:
    Combien d’étudiants et/ou salariés vivent dans des taudis voir tout simplement dans leur voiture ou dehors parce qu’ils n’ont pas les moyens ?
    Que sacrifie t-on en 1er en cas de « disette » si l’on est normalement constitué: L’accessoire et le superflu pour garder le vital pour bouffer.

    Bref:
    – Combien de gens renoncent à des soins en France aujourd’hui ? pléthore.
    – Combien de médecins « de ville » refusent de nouveaux patients ou ceux ayant la CMU…
    – Aux urgences le temps moyens d’attente est de plus de 3:00 (moyenne nationale) dans des conditions où les remugles et l’énervement des uns contaminent invariablement la majorité des autres.
    – Les hôpitaux public sont devenus pour beaucoup de gens le seul lieu de prise en charge avec tout ce que cela induit en bien … et en mal.
    – Concomitamment explosion du taux de pauvreté en France qui atteint (source 2018) 15% de la population et celui de 2019 ne verra pas d’embellie au contraire.

    Bref je suis d’accord que de nombreux patients « ne font aucun effort » mais je constate aussi que dans un contexte économique et social tendu cette situation augmente de manière exponentielle ce qui peut expliquer ce « relâchement » que vous constatez et que je partage pour partie non que je l’excuse mais que je peux tenter de comprendre pour les motifs mis en supra .

    Après je suis parfaitement d’accord avec vous sur le fait que tout ceci n’empêche pas la politesse et la courtoisie car le personnel en face de vous, dans sa très grande majorité n’est en rien responsable de la situation, voir connait surement pour une partie les mêmes problèmes.

    Mais la politesse et la courtoisie (je ne parle pas de l’hygiène déjà évoqués plus haut et oui c’est un soucis) se perdent à tous les niveaux et pas qu’à l’hôpital.
    Rentrez dans un magasin dites bonjour et comptez le nombre de gens qui vous répondent …
    Au titre de mon expérience, je dirais que c’est à vue de nez 20% contre 80% qui ignorent votre salut… Oui on en revient au principe de Pareto.

    Et ça n’enlève en rien ce que j’ai dit dans mon intervention d’avant sur le contexte Hospitalier ;)

    1. Eh oui, encore la « Loi de Pareto », que l’on retrouve d’ailleurs dans les chiffres que je livre quant au ressenti par rapport à la patientèle : 80 % d’indifférence, et 20 % de sympathie/d’antipathie (10/10)…

      Dans la lignée de tout cela, signe d’une époque, j’écrivais cette Brève en novembre 2016 : De l’élémentaire courtoisie du Bonjour ;-)

      C’est un « système » qui est tiré vers le bas, de tous côtés, et c’est une spirale infernale.
      Je suis bien d’accord avec votre liste, qui n’est bien évidemment pas exhaustive.
      Mais il est bon de rappeler que chacun pourrait faire (au moins) un petit effort, ne serait-ce que par respect, de soi et des autres.
      Des lieux où rôdent naturellement la maladie et la souffrance n’ont pas besoin qu’on en rajoute à ce point.

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