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Scandale aux urgences, une anecdote personnelle

AVERTISSEMENT : Ce billet date de plus d'un an.

Le drame/scandale qui fait l’actualité ce matin concernant la jeune Naomi Musenga, décédée aux urgences de Strasbourg après avoir été en contact avec la plateforme téléphonique du SAMU — qui a traité son appel de manière cynique et pathétique — me rappelle une anecdote personnelle que je m’empresse de vous conter…

Un matin de fin 2010, j’ai plus que l’impression de faire un malaise cardiaque.
J’appelle le 112 en précisant mes symptômes et en demandant expressément que l’on m’envoie le SAMU. On me répond : « Oui, ils arrivent, ne vous inquiétez pas ! »
Encore en état de tenir debout, je vais attendre sur le parking de la résidence, appuyé contre un arbre.
Puis, dans la nuit, je vois un gyrophare et une ambulance rouge — les pompiers — arriver.
Un seul véhicule « premiers secours » bien identifiable, et pas de SAMU/SMUR.
On me fait monter et m’allonger, puis l’on me questionne. Des jeunes pompiers…
Et un homme arrive — finalement un bien heureux hasard — en disant : « Je suis médecin, que se passe-t-il ? »
Un pompier lui répond : « Ah, vous tombez bien Docteur, potentiel malaise cardiaque ! »

Le médecin m’ausculte et leur dit de m’emmener aux urgences.
Le véhicule démarre, et, plutôt que de rejoindre le gros hôpital « privé » — pourtant en théorie réputé en cardiologie — situé à moins de 800 mètres, prend la rocade pour rejoindre le CHU situé à plusieurs kilomètres.

On débarque le brancard à roulettes me supportant dans le hall des urgences.
Et là, l’accueil dit à l’un des pompiers : « Ah, mais c’est aux Urgences Cardio qu’il fallait aller, là ce sont les urgences générales ! »
Malgré leur erreur, les pompiers me laissent en plan, « mission » terminée pour eux, et un homme en blanc me fait parcourir d’interminables souterrains en poussant mon lit à roulettes.

Une fois arrivé en « Cardio », on m’installe — toujours sur mon brancard-lit — dans une « cellule » individuelle avec une fenêtre pour m’observer (à priori local d’infirmerie). On me fait une prise de sang, puis on me pose une perfusion avant de me jeter sur le ventre un truc en plastique au cas où j’aurais envie de pisser.
Et puis je suis resté là, en plan.
Ça n’est seulement qu’environ deux heures plus tard qu’un médecin est venu — vraiment — m’examiner en me faisant un ECG/écho-doppler cardiaque.
Fausse alerte, j’étais relâché en début d’après-midi !

Avec le recul, je pense que je ne serais plus là — ou alors à l’état de légume — si mon « alerte » avait été sérieuse !…
Et ce blog n’aurais donc jamais vu le jour, puisqu’il date de 2012. ;¬)

© PF/Grinçant.com (2018)

6 commentaires sur “Scandale aux urgences, une anecdote personnelle”

    1. PF/Grinçant.com

      Oui, petite expérience de vie — potentiellement de mort — qui résume pas mal de choses.

  1. Coucou Grinçant, moi aussi une fois j’ai cru faire un problème cardio, et je suis tombée sur une « régulatrice » du SAMU du même acabit que celle qui a abandonné la pauvre Naomi. Je me rappelle avoir été rebalancée sur SOS Médecins et d’avoir dit avant de raccrocher : « C’est super, avec vous on peut crever ! ». La nénette n’a pas apprécié, mais c’est vrai, hélas.

    1. PF/Grinçant.com

      Oui, on peut crever, et même plusieurs fois !
      Et l’on nous dit que, dans ces cas, chaque minute est précieuse…

      Pour Naomi, il n’y aurait pas eu cet enregistrement, personne n’en aurait rien su.
      Et l’incident date du… 29 décembre 2017 !

      Pour ma part, quand je voyais les néons défiler dans le souterrain du CHU, chariot poussé par un brancardier qui ne se pressait pas, j’étais révolté, et ça m’a même… requinqué !

      Pour sourire, ça me rappelle aussi ça : Un Stop-Pompiers efficace ! ;-)

  2. Pas faux.
    J’étais avec une malade à l’hôpital. Elle était suivi en médecine interne. L’interne nous a dit d’aller voir sur Google les explications sur un médicament avec 3 bandes rouges !
    Les femmes de ménage poussaient le chariot en lisant le calendrier des vacances.
    Un électricien a discuté au moins 30 minutes.
    Par contre, le laboratoire est au top, mais la génération n’est pas la même.
    Il est aussi vrai que les urgences sont débordées puisque les généralistes n’assurent plus de gardes sans compter l’afflux des réfugiés.
    Il faut être son propre docteur.
    Je pense acheter un défibrillateur et apprendre à m’en servir.

    1. PF/Grinçant.com

      « Je pense acheter un défibrillateur et apprendre à m’en servir. »

      Oui, et entrainez-vous seul, et à pleine puissance, dès le début.
      Pour ma part, j’envisage l’achat d’une civière pour m’autotransporter en cas de pépin en randonnée. Mais comme j’ai déjà le « pic » (tout comme le couteau) pour m’achever, je réfléchis sur l’utilité de la dépense. ;¬)

Les commentaires sont fermés.