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Un boulanger qui va avoir chaud aux miches

AVERTISSEMENT : Ce billet date de plus d'un an.

Portes closes.
Avec une affichette « En congés, réouverture le 19 février »
Puis l’affichette a disparu.
Mais les portes vitrées sont toujours closes.
Tout a l’air intact, il y a le matériel (trancheuse, balance), les frigos, la caisse.
Derrière la porte coulissante entrouverte, j’imagine qu’il y a machine à pétrir et four…
Une vraie boulangerie, avec du bon pain.
Avec deux « boulangères » ou « serveuses » toujours souriantes et aimables.
L’une d’elles me faisait même un clin d’œil quand elle me servait.
Souvenez-vous, c’était en septembre 2016 :
L’adorable petit pavé de la boulangère
Et ils s’étaient installés depuis peu, une « reprise ».
Et là, 10 mars 2018, je viens de demander dans un commerce proche…

« Effectivement, on pensait les revoir…
Mais d’après les infos d’un “boulanger” voisin, on ne les reverra pas…
Ce serait une faillite/dépôt de bilan ! »

Et une de plus, discrète, avec toutes ses conséquences inhumaines !
Et l’on m’ajoute que ce « boulanger » est content, car son business marche fort…
Ben oui, mais lui, il vend du pain… dégueulasse !
Et ça se voit avant même d’entrer.
Et vous ne pouvez même pas vous fier à l’odeur pour vous y guider.

Encore un signe que tout va bien, en France, en 2018.
:-/

© PF/Grinçant.com (2018)

15 commentaires sur “Un boulanger qui va avoir chaud aux miches”

    1. PF/Grinçant.com

      Oui, j’en parlais hier sur un autre fil, dans mon commentaire de 22h17, avec cette formule « Envoyé spécial de ce soir, c’était deux sujets passionnants (un enfoiré de DRH qui expose des méthodes d’enfoirées d’entreprises, et Julien Coupat) ».

      Moi aussi, j’ai vu/connu/vécu ça… :-/

      Ce type est d’un cynisme absolu… Au moins il va jusqu’au bout, et c’est exemplaire !
      Cela dit, ces méthodes immondes sont pratiquées depuis longtemps.

      PS1 : Je ne sais pas si la vidéo va rester visible bien longtemps. J’aviserai en fonction de ce que deviendra votre lien.

      PS2 : Pas certain qu’il en vende beaucoup, de son torchon, mais il a au moins trouvé un éditeur…

      PS3 : Pas vraiment hors sujet. Là, c’est à petite échelle, mais ces drames arrive partout, tous les jours, en silence… Un (petit) commerce portes closes, comme ça, du jour au lendemain, avec un « dépôt de bilan » comme justification… Pourquoi ?

      1. Le Nodocéphale remet ça, il est présenté comme un lanceur d’alerte !
        Sur Rue89-L’Obs (faux pure player de gauche) : Un DRH balance : “Licencier sans motif, ça s’apprend très vite”

        Sur Atlantico (pure player de droite) : Ressources humaines : un DRH raconte les licenciements abusifs réclamés par les entreprises
        Sur Atlantico, sa fiche indique :

        « Directeur des ressources humaines, Didier Bille a travaillé pour plusieurs grands groupes. Il évolue aujourd’hui au sein de structures qui s’attachent à (re)placer le lien social, le respect et la bienveillance au cœur de leurs politiques RH. »

        Irrésistiblement, il m’évoque les « normopathes » évoqués par Christophe Dejours (dans « Souffrance en France. La banalisation de l’injustice sociale », un ouvrage précurseur sur le harcèlement au travail), ou Eichmann ainsi décrit par Hannah Arendt :

        « Ce qui me frappait chez le coupable, c’était un manque de profondeur évident, et tel qu’on ne pouvait faire remonter le mal incontestable qui organisait ses actes jusqu’au niveau plus profond des racines ou des motifs. Les actes étaient monstrueux, mais le responsable — tout au moins le responsable hautement efficace qu’on jugeait alors — était tout à fait ordinaire, comme tout le monde, ni démoniaque ni monstrueux. Il n’y avait en lui trace ni de convictions idéologiques solides, ni de motivations spécifiquement malignes, et la seule caractéristique notable qu’on décelait dans sa conduite, passée ou bien manifeste au cours du procès et au long des interrogatoires qui l’avaient précédé, était de nature entièrement négative : ce n’était pas de la stupidité, mais un manque de pensée. »

        {Édit 08/03/2020 — PF/Grinçant.com : Ce site bloque, par une procédure pénalisante, les liens qui pointent vers lui –> Lien externe remplacé par archive Wayback Machine}

        1. PF/Grinçant.com

          Ce qui est merveilleux, c’est que c’est fait de manière posée, calme, chirurgicale, et c’est pourtant d’une violence inouïe (d’ailleurs, il le reconnait — avec un grand cynisme — en début de reportage).
          Quand l’une des victimes de ces salopards pique une crise/colère (justifiée), on la traite immédiatement de « forcené(e) », et ces lâches s’empressent — en bonnes couilles molles* qu’ils sont — d’aller porter plainte.

          Rappelons simplement ce qui s’est passé avec le DRH d’Air France : Pas beau, le froc d’un DRH sans chemise (2015)

          *Je n’ai pas trouvé de terme aussi savant que vous pour désigner les « têtes de nœud ». ;-)

          1. Et ici, c’est le messager (Elise Lucet) que l’on charge :
            contrepoints.org/2018/03/18/311964-les-ressources-humaines-vues-par-envoye-special

            1. PF/Grinçant.com

              Elle en prend à chaque fois plein la gueule, et quand je vois ce genre de réactions, ça me donne la nausée pour l’avenir.
              De toutes les manières, ses émissions sont amenées à disparaitre, donc la « fête » pourra continuer.
              La connerie humaine est décidément sans limites.

              PS : Je rends le lien non cliquable. Ceux qui veulent aller voir n’auront qu’à faire un copier-coller…

  1. Il y a quand-même un problème, si le boulanger qui fait du mauvais pain s’en sort alors que celui qui faisait mieux coule. Je sais pas si le problème c’est au niveau des clients (qui en majorité préfèrent la merde industrielle (aka terminal de cuisson), au niveau du boulanger (rachat trop cher du magasin, loyer du local trop élevé, mauvais emplacement, etc.)…

    Enfin, il faut reconnaître que souvent il vaut mieux faire de la merde pas chère (ou encore mieux, l’importer de Chine), que faire de la qualité (forcément plus chère). Vrai pour la nourriture, les habits…

    1. PF/Grinçant.com

      Eh oui, et c’est symptomatique, hélas. :-/

      Celui qui « marche » (et qui du coup récupère une partie de la clientèle de l’autre, car maintenant seul dans le coin) fait effectivement dans le « terminal de cuisson », et dans le « 3 baguettes pour le prix de 2 »… Avec l’esthétique du magasin qui va avec (à chier).

      L’autre (en faillite), jolie petite boulangerie-pâtisserie, avec un nom sympa… Mention « Artisan »…
      Par contre, les prix étaient bien évidemment un peu plus élevés, et le « pavé » dont je parlais dans le billet en lien était vendu au poids et pesé… Je désignais celui que je voulais dans la panière…
      Ce jour-là, celui-ci m’amusait :

      Pavé de la boulangerie en faillite

      4€90 le kilo… Oui, mais il était bon !
      (Il devait faire dans les 400 grammes/2 euros.)

  2. Les commerçants n’anticipent pas grand-chose. Les boulangeries qui fonctionnent se sont repliées pour la plupart dans des endroits accessibles financièrement. De plus, ils refusent la vente sur internet alors que c’est bien possible et au final plus rentable pour le client.
    J’en ai parlé autour de chez moi, mais aucun n’a voulu le faire. Enfin le faire bien !
    Moi, je n’ai plus le choix. Heureusement, certains font encore de bons produits, mais la livraison se fait par internet. Sinon, je prends le bus pour en acheter un de 3 kg chez Satoriz. J’envisage aussi de le faire.
    De toute façon, c’est la faute des professionnels qui ont voulu beaucoup gagner en se fatiguant moins.
    Les commerces peuvent faire distributeur d’argent. Mon tabac m’a dit que nous avions encore 2 distributeurs. J’ai répondu : « oui mais pour combien de temps ? »
    Les recharges Amazon ne l’intéressent pas car les gens ne les demandent pas.
    Dans un autre village, le tabac a préféré vendre du pain industriel plutôt que de continuer à l’acheter à la boulangerie reprise par des jeunes qui faisaient de bons produits.
    Ils ont invoqué la maladie pour la fermeture.
    Les mairies préfèrent distribuer notre argent aux associations plutôt que d’acheter du bon pain pour la cantine sous prétexte qu’il faut que le repas coûte moins de 3€.
    Il suffirait de faire payer tout le monde. Dans le cas contraire, on ne donne pas à manger et on appelle les parents.
    Aucun des commerçants n’a affiché l’affiche pour la réunion anti-Linky du village !

    1. PF/Grinçant.com

      Eh oui, ni intelligence ni solidarité !

      « Dans un autre village, le tabac a préféré vendre du pain industriel plutôt que de continuer à l’acheter à la boulangerie reprise par des jeunes qui faisaient de bons produits. »
      Là aussi, la boulangerie « en faillite » était reprise/tenue par des « jeunes », et ils faisaient du « bon »…
      Beaux encouragements, et belle leçon !

  3. Même problème dans mon village : deux boulangeries, une bonne et une mauvaise, et c’est la mauvaise qui a gagné ! L’autre, victime d’une campagne de dénigrement, a fini par fermer et le couple de boulangers par partir ailleurs, certainement sous de meilleurs auspices. Ça permet, aujourd’hui, à la mauvaise boulangerie de vendre à des prix délirants des choses moyennes voire mauvaises. Tant pis pour les clients.

    Quand on sait/voit comment sont plumés les commerçants, on comprend que ça ferme à tour de bras et que lorsque vient l’heure de la retraite, ceux en place ne trouvent pas de repreneur. Pourquoi faire le bénéfice des banques par des crédits pour racheter un fonds de commerce forcément surévalué et qui ne marchera peut-être pas ? Le risque est bien trop grand. Aucune chance de s’en sortir, aucune autre chance, juste du plumage en règle par le système.

    Certains commerçants appliquent pourtant cette règle du plumage à leurs propres clients. Ayant renversé un verre de jus de fruits sur mon portable qui, de ce fait, ne s’allumait plus, j’ai utilisé les services d’une petite boutique de réparation informatique. Mal m’en a pris… Malheureusement le portable s’est rallumé par magie dans la boutique du foutu réparateur, mais ce dernier m’a taxé de 69 euros pour ne rien faire… alors que le portable est retombé en panne moins d’un mois après. Ce type a tout compris : plumer ses clients pour un service inexistant. Non seulement il m’a taxé, mais en plus il m’a clairement dit que je mentais et que l’ordi en question n’avait jamais été en panne. Circulez, y’a rien à voir !

    Lorsque les commerçants prendront en compte ce que souhaitent leurs clients, ils auront compris le sens du commerce. Pour l’instant, c’est rarement le cas. Entre les boulangeries servant du pain industriel et les pseudo-réparateurs, le service n’existe pas, rien, absolument rien d’autre que de tirer du fric pour en fournir un minimum. À ce compte-là, personnellement, j’achète un maximum sur internet, je ne recours que très rarement aux « services » des « boutiques traditionnelles ». Par choix. Dès lors que les « boutiques traditionnelles » seront capables de rendre le service promis, je changerai certainement mon fusil d’épaule.

    1. PF/Grinçant.com

      Le « cadre » juridique/économique/sociétal entraine les « purs/sincères » — et honnêtes — directement dans le mur !

      Votre « dépanneur » pratique ce que l’on appelle la « terre brûlée »… Il ne vous reverra pas, et vous allez lui faire de la mauvaise pub…
      On pousse les gens à agir dans l’instantané, pour prendre ce qu’il y a à prendre et payer ce qu’il y a à payer (les charges, les fournisseurs, les parasites de tous poils).

      Et à notre époque, c’est — hélas — la merde qui l’emporte !

  4. Bonjour,
    Dans mon village il y a une épicerie avec dépôt de pain. Mais le pain est tellement infâme que je n’en achète plus. Je fais donc maintenant mon pain, comme mes yaourts, ma confiture, etc.
    Ce qui est terrible, c’est que les gens continuent à acheter des produits ignobles.
    Bonne journée.

    1. PF/Grinçant.com

      Eh oui, plus c’est ignoble/infâme, mieux ça marche. :-/
      Et ça marche dans beaucoup de domaines, hélas.

      Vous avez trouvé la (bonne) solution… ;-)

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