Pourquoi spécifiquement Lidl ?
Parce que c’est presque systématique.
Et que c’est aussi une constante, la queue.
Presque à toutes les heures.
Presque dans tous les magasins.
Quel énervement, quel stress !
De ne voir qu’une caisse d’ouverte.
Quelques fois deux, mais rarement trois.
D’avoir six, huit, dix clients devant vous.
Avec une caissière qui vous regarde.
Vous vous dites : « Mais elle va bien appeler »…
Pour qu’une collègue ouvre la caisse voisine.
Ben non, elle vous regarde, comme débranchée.
Comme si c’était normal.
Comme si c’était le jeu.

Quelques fois, miracle.
« Passez à la caisse voisine ».
En montrant du doigt une caisse fermée.
Tout le monde se précipite.
Les derniers arrivés passent devant.
Puis on attend, on attend.
Que la caisse daigne ouvrir.
Alors même que ça défile à la première.
Forcément, elle est allégée.
Comme un peu soulagée.
Devant l’énervement, elle appuie sur un bouton.
Une sonnette retentit dans le magasin.
Comme pour montrer que ça déconne.
Que la collègue devrait venir, mais que non.
Et les gens trépignent, trépignent.
Il y a des magasins plus modernes.
Avec une voix synthétique, comme à la SNCF.
Qui annonce « La caisse trois va ouvrir ».
Là, pas de sonnette.
Mais c’est exactement pareil.
Enfin, une caissière arrive.
Elle a l’air éreintée, stressée, déprimée.
Mais, au premier article, ça coince.
Il faut appeler la chef.
Et là, encore un coup de sonnette…
La première file regarde la seconde.
L’air amusé, moqueur.
Jusqu’au moment où elle bloque aussi.
Nouveau coup de sonnette.
Pour deux caisses maintenant.
Vous noterez que les caissières sont debout.
Ça accélère le passage des articles.
Technique Lidl pour des caissières plus rapides.
Pour le reste, le temps gagné est perdu.
Lamentablement, inexorablement.
Et là, un type veut griller tout le monde.
Il n’achète qu’une brosse à dents.
Donc il s’estime prioritaire.
Les premiers clients se laissent faire.
C’est foutu, il a gagné, il est devant.
Vous avez comme de la haine.
Une envie de tout poser, là, par terre.
De dire « tchao », de vous tirer.
En cherchant du regard la Sortie sans achat(s).
Mais il n’y en a pas, ça n’est pas prévu.
Cynisme, mépris du client.
Mais aussi du personnel, forcément.
Ambiance à la con la majorité du temps.
Expérience d’achat déplorable.
Soi-disant pour « Le vrai prix des bonnes choses ».
Et le pire, c’est que Lidl revendique le Graal.
« Meilleure Chaîne de Magasins France 2015-2016 »
Ah oui, c’est quoi ce classement ?
Les clients sont pris en compte ?
Pur marketing décalé, foireux et provocateur.
Bon, maintenant, problème de carte grise…
Je file à la préfecture ! ;-)
Vignette : « Point d’attente Lidl » © PF/Grinçant.com (2015-2016)
© PF/Grinçant.com (2016)
Quelques billets en rapport :
Ce billet inaugure une nouvelle catégorie d’articles : “Tests”
Bien sûr, dans un style, comment dire, Grinçant !;-)
En même temps, si on veut du « pas cher », il faut bien qu’ils rognent sur quelque chose : qualité des produits, moins de personnel, salaires plus bas, etc.
Si on boycottait ce genre d’enseignes et de démarches, ça n’existerait pas. Après je parle d’un idéal, c’est loin d’être évident pour tout le monde, il y a des freins à mieux consommer, qu’ils soient financiers, techniques, culturels, etc.
Mais sans demande il n’y a pas d’offre, on a une grande part de responsabilité dans tout ça. C’est un peu parti en c*****es ces dernières décennies (on en a voulu plus-plus-plus pour moins-moins-moins, ce qui est normal, c’est hyper attractif!) mais j’ai bon espoir, pas mal de personnes commencent à prendre du recul et à remettre leur mode de consommation en question.
Ça n’empêche que j’aime beaucoup cet article, j’aime bien les petits reportages sociologiques au cœur du monde des humains, et c’est bien écrit !
« Pas cher », ça se discute…
Je parle souvent de tout cela ici (125 billets avec le tag « Consommation », et nous nous rejoignons dans l’idée.
Merci pour votre contribution, mais aussi pour votre conclusion ;-)
Sans déconner : tu es si pressé que cela de filer ton blé à des esclavagistes?
Nous, c’est Aldi et on profite de cette organisation pour prendre des nouvelles des conditions de travail des travailleurs, des malheurs des uns et des autres, échanger des blagues et des nouvelles… tout ce qu’ils ne veulent pas nous fassions en temps ordinaire : de la solidarité et de la création de lien.
Le problème, c’est que si un petit con de « responsable réseau » (chef de plusieurs magasins, avec l’Audi ou l’Opel qui va avec la fonction) voit ça, ce sera la sanction pour la caissière avec qui l’on tente la « création de lien ».
Il me semble que les Aldi sont un peu plus avenants que la majorité des Lidl.
La haine fait partie de ce « management », et le (petit) personnel doit se taper gestion du stock, la mise en rayon, le nettoyage du magasin (et du parking), et faire la caisse avec des clients qui font la gueule.
C’est un constat, c’est de pire en pire, et le personnel de ces magasins semble de plus en plus démotivé, et ça peut se comprendre.
Quant à y filer mon blé, j’y vais de moins en moins, et à chaque fois pour y prendre très peu de choses, ne serait-ce que pour cette gestion lamentable des caisses.
J’adore, je viens de tomber sur ça dans la section « Services » du site Lidl.fr :
Quel culot !
Le constat que je fais, c’est dans plusieurs magasins, et dans différentes communes.
Je ne vais pas les citer, le personnel ne le mérite pas, car il est probablement tout aussi victime que les clients.
PS : Sur l’illustration, la caissière, souriante, semble assise, ce que je n’ai absolument jamais vu dans un magasin Lidl. En caisse, c’est DEBOUT, car on passe les articles plus rapidement au scanner, au mépris de la santé du personnel.
Une idée d’article pour vous, Grinçant, car j’aimerais lire vos commentaires et ceux des personnes qui vous suivent : dans les supermarchés, le déphasage entre la proposition des articles en magasin relatifs à un évènement et cet évènement. Exemple : le 1er jour des vacances d’été, proposition d’articles de rentrée scolaire (Auchan à Laxou 54) – À la rentrée scolaire, proposition d’articles pour Haloween, etc…
Et les gens achètent !
Qu’est-ce que cela signifie ? aucun rapport avec le présent ?
Je pense que poser cette question, c’est aussi y répondre ;-)
Nous verrons, car cette catégorie « J’ai testé » est nouvelle ici, et les sujets potentiels sont à la fois nombreux et à trier sur le volet.
Il faut aussi que je conserve absolument mon indépendance, y compris de ligne éditoriale ;-)
Scène ordinaire dans un petit Lidl de France, un samedi soir, 18h50, d’un week-end prolongé du 15 août.
Avec mes 4 petits malheureux articles, j’arrive vers la caisse n° 5 où la file d’attente est la plus courte…
La caissière, de loin, me dit « C’est fermé Monsieur ».
Je lui fais un grand sourire pour la remercier cyniquement, et glisse vers la caisse n° 3 où il y a au moins 8 personnes devant moi.
Puis, je vois subitement une femme sur ma droite, pas vraiment dans la file… Je lui dis « Mais vous n’étiez pas devant moi, Madame »… Elle me répond « Si, mais je regardais, les fleurs, derrière, en faisant la queue ». Puis ajoute « Mais c’est pas grave, Monsieur », en s’installant définitivement devant moi en minodant et en tortillant de son gros cul. Ben oui, c’est ça, connasse, c’est pas grave !
Je glisse vers la dernière caisse ouverte, la n° 1, avec que du « lourd », genre chariots pour l’année, mais seulement trois personnes. La jeune caissière a l’air totalement abattue et dit au client devant moi, qu’elle semble connaître, « Toute la journée, j’étais à la caisse, je n’ai eu qu’une pause de 20 minutes pour grignoter quelque chose, je suis morte, foutue ». Et elle regarde la caisse qui ferme d’un air consterné et révolté.
Et la clientèle, qui ne vous réconcilie pas avec l’humanité, fait la gueule.
Une véritable ambiance de merde.
Scène ordinaire dans un Lidl où je suis allé chercher des sardines en promotion pour voir le « code emballeur » ;-)
Un bonhomme passe par une caisse en déshérence, direction la sortie.
Tête basse, blouson en mauvais cuir fermé en plein mois d’août, mains dans les poches.
La jeune petite caissière de la n° 1 (seule caisse ouverte) l’interpelle :
« Monsieur, vous pouvez ouvrir votre blouson, s’il vous plait ? »
Il s’arrête, et s’exécute.
En dessous, un polo, douteux, genre marin, avec une grosse bosse au niveau du nombril.
« Et sous votre polo, c’est quoi ? »
Il le relève, et en sort une bouteille de vodka dont le goulot devait directement être dans son slip.
En prenant la bouteille, elle demande :
« Vous la payez ? »
Il répond « Non », appuyé par un signe de la tête.
Elle confisque la bouteille et la pose à côté de sa caisse en disant :
« Bon, ben voilà, et ne revenez pas dans le magasin ! »
Il s’en va, penaud.
Courageuse, la petite qui doit tout faire dans ce magasin !
Et j’ai une petite pensée pour celui qui achètera cette bouteille, surtout s’il boit au goulot ;-))
Après une bonne vingtaine de coups, tant de sonnette que de gong électronique, le gars, détenteur de la « clef magique » finit par arriver pour débloquer sa collègue qui tient l’unique caisse ouverte de ce Lidl.
Une bonne quinzaine de personnes font la queue avec des paniers/chariots diversement remplis.
Puis il dit : « Vous pouvez passer à la première ! »
Quasi-empoignade pour griller les priorités…
Arrivé à sa hauteur, je lui demande : « Vous ne pouviez pas l’ouvrir avant ? »
Et il me répond : « Oh, mon pauvre Monsieur, si vous connaissiez nos conditions de travail !… »
Ben oui, mais les clients, est-ce leur problème ?
Que doivent-ils faire, déserter ?
Leur temps de vie n’est-il pas plus précieux que le pognon d’une enseigne qui traite son personnel en esclave ?
Si les articles étaient offerts, ce serait compréhensible, mais non, là, c’est pour les payer…
Je travaille à Lidl et je suis désolée de voir vos commentaires, je suis rarement en 1ère caisse, notre process c’est 1 client à l’encaissement, deux clients en attente, bien sûr nous ne sommes pas assez de personnels, donc difficile à tenir. Quand ma collègue ouvre ma caisse, non, je ne peux pas toujours être là en trois secondes, il se peut que je sois en train de réceptionner de la marchandise fraîche, ou surgelée. Alors, oui, je m’attelle d’abord à la mettre en chambre froide avant de venir en caisse pour éviter la rupture de la chaîne du froid ! Parfois une caissière appelle car elle est bloquée, il se peut qu’à ce moment-là je réponde déjà à une demande client dans le magasin, je ne peux pas le planter ! Alors on n a pas cinquante bras, on fait comme on peut… Et, non, l’ambiance n’est pas délétère, mon chef réseau retrousse ses manches aussi quand il voit qu’on galère, mon chef mag revient sur ses jours de repos, nous on fait des heures supp pour tenir le mag, non pas que Lidl ne veut pas embaucher, au contraire on manque de minimum 2 personnes… Eh oui, nous au mag on recrute, et vous savez quoi ??? 0 CV… Ou des gens qui au bout d’une journée s’en vont en se disant que c’est trop dur de travailler ! Et pourtant, malgré les médisances, c’est loin d’être le bagne ! Moi, j’aime bosser à Lidl, j’aime mon équipe, mon magasin et mes clients, alors soyer indulgents.
Je puis vous dire qu’il y a des Lidl où c’est vraiment l’horreur, et le client le sent bien.
Et je pense que la majorité montre de la compréhension envers le « petit » personnel.
Ce billet s’adresse avant tout à l’enseigne Lidl, car tout le monde est dans la même galère, et ça n’est pas normal.
Rappel d’un autre petit billet, écrit ailleurs (par moi), en juillet 2012 :
PS1 : Quant à votre « process », désolé, je ne l’ai quasiment jamais vu respecté dans un Lidl :-/
PS2 : Ce que vous décrivez, désolé, mais cela ressemble quand même à un bagne/un enfer…
PS3 : Pour vous consoler, et pour bien comprendre ma philosophie, mon approche : Génération ChronoDrive, génération expressément pressée
PS4 : Je constate que c’est souvent le personnel qui défend sa direction, et rarement l’inverse, un comble.
Votre réaction est spontanée et compréhensible, pour autant, la détermination et le travail que vous fournissez ne doivent pas occulter la réalité des choses.
Vous décrivez bien que votre équipe est solidaire, mais que vous êtes dans la même galère. Vous êtes tous honnêtes, le système pas du tout. Il vaut mieux ne pas penser aux actionnaires de votre enseigne qui se gavent sans avoir à produire de CV ou de manipuler des paquets gelés qui engourdissent les mains.
Grinçant dénonce cette organisation, pas vous les victimes, car nous, les clients, nous en sommes aussi les victimes.
Un excellent reportage a eu lieu il y a quelques années sur LCP dans l’émission « J’aimerais bien vous y voir » où une député a passé sa journée (6H-22H) dans une structure concurrente de la vôtre (qui commence aussi par un L). C’était édifiant et révélateur par les confidences des employés et de la direction.
Bon courage.
Petit rappel d’une phrase édifiante, à l’occasion de licenciements, du « patron » de Carrefour :
« Plus on augmente le nombre de personnes qui réfléchissent, plus on s’éloigne de la simplicité recherchée dans notre activité. »
Ça ne s’invente pas !
Grandes entreprises : laissez votre cerveau à l’entrée !
Ne nous leurrons pas, les patrons de Leclerc, Super U qui se disent particulièrement humanistes/humains et chantres de la défense des consommateurs, notamment lors de leurs nombreuses « invitations » sur les plateaux radio/TV, ont la même cynique philosophie…
Bon, j’en reviens, d’un Lidl :-/
Huitième sur une file d’attente qui comptait onze clients (au sens « paniers »)…
Idem sur la deuxième caisse ouverte, sauf que le caissier était encore plus lent.
À ma caisse, c’était la « chef » qui hurlait qu’il faudrait que quelqu’un réponde au téléphone…
Alors qu’un « vigile » matait tout ça les bras croisés en dévisageant tout le monde.
Bref, comme une furieuse envie de fuir ces magasins.
J’y vais de moins en moins, mais je vais tendre vers une désertion totale malgré ma « fidélité » à certains produits.
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