Houlala, là on m’a gonflé !
Bossé jusqu’à trois heures du matin.
Pour timbrer et poster dès neuf heures.
Pour m’entendre dire que bof.
Que finalement ce serait inutile.
Tout le contraire de ce que l’on m’avait dit.
Mais aussi écrit, dans une relance.
Ça m’a profondément énervé.
Je n’aime ni la soupe ni le lait.
Mais je suis passé soupe au lait.
Le genre humanoïde égocentré.
Sexe apparemment femelle.
Qui ne se remettra jamais en cause.
Qui se complait dans son merdier.
Même quand on essaie de l’en sortir.
Le genre à vous noircir tout moment.
À vous pourrir la vie jusqu’au bout.
Qui le sait, mais qui ne changera pas.
Elle pousse tout le monde à bout ?
Ben oui, c’est comme ça, pourquoi changer ?
Instinct de survie, besoin de décompresser.
Je me suis jeté sur une carte IGN.
À la recherche d’un nouveau lieu.
Et d’ondes positives et naturelles.
J’ai misé, encore, sur un lac.
Et me voilà parti, en fidèle Xantia.
À écouter en boucle une chanson de Ridan.
Le Mensonger, c’est le titre.
Pas de quoi se remonter le moral.
Mais elle a du sens, et ça me plaît.
« Qui sont ces hommes, ces comédiens
Qui veulent la peau de nos citoyens
Fièrement acquis par notre histoire
Par nos défaites et nos victoires
J’ai honte… »
Combien de temps vais-je mettre pour me calmer ?
Pour trouver quiétude et sérénité.
Pour oublier ces pourrisseurs de vies.
Le pluriel est voulu, ne cherchez pas.
La nuisance cherchant les multiples.
14h00, pile, départ avec mes deux pieds.
Et une randonnée nécessaire commence.
Je la souhaite magique.
Pour oublier les hystériques.
J’espère que la nature m’entendra.
Ouf, le bord de l’eau.
Des chemins étroits et un peu chaotiques.
Couteau non négociable à portée de main gauche.
Appareil photo numérique en main droite.
Sac dans le dos pour tout le reste.
14h14, un papillon m’observe.
Perché sur sa feuille, je le trouve ordinaire.
Je lui tire la langue, mais il s’en fout.
Pensant « Mon pauvre, j’en ai vu d’autres ».
D’ailleurs, il a d’autres soucis, il cherche sa moitié.
14h25, je stoppe net, sans crissements.
Là, devant moi, un oiseau vient d’atterrir.
Noir, blanc, gris, c’est une bergeronnette.
Les pattes dans l’eau, elle joint l’utile à l’agréable.
Lavage, rinçage et presque essorage.
14h26, c’est fini, elle s’envole.
Sans dire au revoir, sans saluer.
Mais au moins, elle m’a déridé.
Une minute de vies croisées.
En toute simplicité.
14h29, je m’arrête à nouveau.
Je me sens comme espionné.
Normal, en France, en 2016.
Est-ce un Cazeneuve, un Valls ?
Ou l’un de leurs nombreux sbires ?
De cette feuille longiligne pointe une tête.
Toute rouge, avec des yeux globuleux.
Pas de la télésurveillance ou « téléprotection ».
Non, Sympétrum rouge sang.
Pourtant pas sanguinaire, la libellule.
15h07, encore un Sympetrum.
Toujours sanguin.
Est-ce le même, ou un autre ?
Il semble protéger sa gousse.
En écho à la chanson de Ridan.
Puis, confiant, il vient se poser près de moi.
Sur cette rambarde en bois, rassurante et utile.
Promiscuité en pleine nature.
Entre un humain et une libellule.
Et là, je me sens moins sanguin.
15h34, après bien des pas.
Attentif à mon équilibre.
Mais aussi à l’environnement.
Je m’arrête pour contempler.
Il ne s’agit que de simples feuilles mortes.
15h40, j’entends comme un bruit.
Bien caractéristique, celui d’un serpent.
D’autres hurleraient, moi pas.
Et le voilà qui s’en va, rapidement.
Ondulant sur l’eau.
Non, ça n’est pas une vipère.
Couleuvre à collier, ou vipérine.
Je le prends comme un signe.
La bête s’éloigne, suivant son instinct.
Dans un souci d’apaisement.
Là, ça me fait marrer.
C’est comme un signe.
Que je prends volontiers.
Pour oublier, me libérer.
Et passer, enfin, à la pensée positive.
16h12, une magnifique allée de pins.
Il fait sombre, mais c’est beau.
L’endroit est didactique, il y aurait des écureuils.
Ça tombe bien, justement…
Je peux en photographier un !
17h06, une autre libellule.
Posée sur une ronce.
Sans crainte des épines.
Ailes déployées.
Elle me montre son fuselage.
Là, je suis pleinement réceptif.
En résonance avec la nature.
Elle semble tout faire pour.
Et je l’en remercie vivement.
De m’offrir ces cadeaux.
Et je continue à marcher.
En solitaire, mais ça n’est pas plus mal.
Me disant que ma boucle se boucle, bientôt.
Pensant que le but était atteint.
Que tout cela était finalement le plus important.
17h18, après quelques difficultés.
Pour me frayer un chemin, entre ronces et fougères.
Je remarque une chose foncée sur des feuilles.
Je m’arrête à nouveau, proche de l’eau.
Et j’observe ce qui est un papillon.
Nouveau cadeau, mais qui va se mériter.
Il est là, les ailes refermées.
Puis il s’envole, pour mieux revenir.
Il semble me narguer.
Me dire « Mon con, tu vas attendre ! ».
Ben oui, mais comme je sais être con, j’ai attendu.
Qu’il s’en aille pour mieux revenir.
Me faisant désespérer parfois.
Mais bon, j’ai tenu à force de patience.
Je le voulais les ailes ouvertes !
17h32, quatorze minutes plus tard…
Je l’avais !
Inachis io, ou Paon du jour.
Beaucoup plus beau et honnête.
Qu’un Thierry Lepaon de la CGT.
Et j’ai continué, continué.
L’esprit libéré et le cœur en fête.
Dégustant le lieu à moins de 3 km/h.
Pour arriver, finalement, à 19h14.
Et repartir en Xantia, sans Ridan et son Mensonger.
C’était hier, et maintenant tout cela est du passé.
Et je n’en retiens que le positif.
Les mauvaises ondes sont loin.
Les créatures rencontrées aussi.
Mais ces dernières, je les remercie.
Vignette : « Non pas un océan, mais un lac de vérités » © PF/Grinçant.com (2016)
© PF/Grinçant.com (2016)
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Addenda du 08/07/2016 – 09h20 :
Ajout des photos 1, 6, 7-8 et 11-16 en « Fonds d’écran », dans la section Goodies ;-)
Pour la première fois, vous les trouverez aussi en format “Full HD” / 4K-8K.
Publication de certaines de ces photos en fonds d’écran. Voir addenda 09h20.
Pour la première fois, vous les trouverez également en format “Full HD” (4K-8K).
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