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Elle court, elle court la Cour des comptes

AVERTISSEMENT : Ce billet date de plus d'un an.

Elle court, elle court la Cour des comptesQu’elle est prolixe en ce moment !
Comme pour justifier son existence, elle publie, elle publie.

À se demander si le contenu de ses rapports est bien sérieux.
Source d’un vrai travail ou élucubrations de sinistres bureaucrates ?

Dans l’un, l’on découvre, glissé en quatre lignes, le coût du site internet de Carla Bruni, à l’Élysée.
Celui dédié à la conjointe du « Président », alors nommé Sarkozy.

410 000 euros au minimum.
Exorbitant au regard du résultat.

Mais cela, la Cour ne le dit pas, il faut le comprendre.
C’était le 15/07/2013, il va faire chaud, on cire les pompes.
C’était « Les comptes et la gestion des services de la Présidence de la République ».


Dans un second, l’on se penche sur le dossier Dexia, la banque franco-belge.

Un vrai plaisir pour qui sait lire entre les lignes.
Et il y en a, sur ces 236 pages.

« Dexia : un sinistre coûteux, des risques persistants », c’est son titre.
18/07/2013, parution en pleine canicule.

Le coût « direct » serait, à ce jour, de 6,6 milliards d’euros pour la partie française.
Ben oui, il y a aussi eu des coûts indirects, notamment avec les prêts toxiques aux collectivités.

Les risques persistants ?
Ce qui n’est pas dit clairement, c’est que les engagements de Dexia courent jusqu’en… 2099 !

La Caisse des Dépôts et Consignations, donc l’État, est mouillée jusqu’au cou.
On a refilé une partie du bébé à la Banque Postale, qui n’avait vraiment pas besoin de cela.

Au détour des lignes, l’on découvre qu’il n’y a jamais eu de réelles sanctions.
Qu’au contraire, ces truands se sont servis jusqu’au bout avec des retraites « chapeaux ».
Ou avec des indemnités hallucinantes compte tenu du sinistre résultat.

Les chaises musicales circulaient sur un air de pipeau.

Des poursuites pénales ?
Pensez donc, « ça donnerait une mauvaise image ! »


Dans un autre rapport, l’on nous parle des banques et des assurances.

« Les avoirs bancaires et les contrats d’assurance-vie en déshérence »
17/07/2013, les pieds dans le sable.

215 pages de plus, probablement écrites initialement au stylo-plume.

Des Mont-Blanc, bien sûr.
Auditeurs et audités ont les mêmes outils.

Un superbe exercice de virevolte scribouillarde.
Pour dire sans dire.

Faire comprendre que nous avons encore affaire à de vrais truands.
Des truands qui continuent à détourner l’argent des comptes en « déshérence ».
Des truands qui font tout, du début à la fin, pour garder les assurances-vie.

Bref, de l’escroquerie en bandes organisées, de la vraie.
De la spoliation, pure et dure.


Le rapport est écrit.
On montre sans montrer.
On accuse sans accuser.

On lui fait une belle couverture que l’on pourra exhiber devant les caméras.

On le remet au président de la République, au premier ministre.

En espérant (vraiment ?) que celui-là, au moins, sera lu.
Compris, décrypté.

Qu’il y aura (vraiment ?) des réactions, des mises en cause, des poursuites.

Et, rapport après rapport, année après année, gouvernement après gouvernement.
Mêmes cérémonials.
Et mêmes complicités.

Sourires de connivence, tout le monde s’en fout, rien ne se passe.
Le foutage de gueules peut continuer de plus belle.

Et, puisque la Cour des comptes c’est aussi la République, on les publie, ces rapports.
En PDF, sur internet.

De préférence pendant les vacances, comme les trois précédents.
Et le pire, c’est que ça passe,  ça glisse.

C’est un petit tour de manège.
Un petit peu de lecture que presque personne ne lit.

Des accusations en creux qui ne seront jamais sanctionnées.
Une gangrène qui pourra continuer.

Bref, un jeu de rôles au vrai sens du terme.
Avec des tournantes, mais c’est tellement potache.

Finalement, avec la Cour des comptes…
Ils sont un peu courts, les comptes !

Crédit photo : CC BY-NC-SA 2.0 par rambleonsylvie (Flickr)

© PF/Grinçant.com (2013)

2 commentaires sur “Elle court, elle court la Cour des comptes”

  1. Au sujet du blog (un site, ça ?!) qui a coûté 410.000€ au contribuable, un excellent décorticage technique par Bluetouff, lequel démontre que la valeur de ce produit n’excède pas 4000€…
    Carla Bruni Sarkozy : Anatomie d’une cyber catastrophe à 410 000 euros pour le contribuable*

    *{Édit PF/Modération 10/06/2017-07h00 : lien supprimé (bluetouff.com/?p=8555), il ne répondait plus depuis un certain temps, maintenant c’est le site entier.}

    1. Merci pour le lien.
      Si l’on compte les deux « prestataires » externes, la facture dépasse largement les 600 000 euros.

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