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Mort ou vif ?

AVERTISSEMENT : Ce billet date de plus d'un an.

Une douleur vive, la mort.

Mon corps est inanimé sur le lit.

Mon âme le regarde bêtement.

Elle n’a plus d’enveloppe.

Elle est désemparée.

Afin d’honorer ma dépouille, elle décide de fleurir la pièce.

Je n’avais pas de famille et personne ne peut le faire à sa place.

Une fois dehors, elle se met en quête d’un fleuriste.

Il est trois heures du matin, ils sont tous fermés.

Elle traverse les portes et les murs, mais elle ne peut le faire avec des bagages.

Il lui faut des chrysanthèmes.

Elle survole la ville, scrutant les massifs.

Aucun chrysanthème à l’horizon.

Dépitée, elle se dirige vers le cimetière et « emprunte » quatre pots de chrysanthèmes.

Elle prend le risque de devenir une âme damnée.

De retour dans ma chambre, elle dispose les pots selon son goût.

Elle s’installe à côté de moi et me veille religieusement.

Un silence de mort règne dans la pièce.

Il est soudain déchiré par la sonnerie du réveil.

Mon âme a une trouille bleue.

Elle cherche à se cacher.

Le meilleur refuge lui semble être mon corps, un lieu bien connu.

Elle le réintègre.

J’entends le réveil.

Mes yeux s’ouvrent.

J’allume la lumière.

Il y a un chrysanthème à chaque coin de mon lit.

Je pensais avoir rêvé de la mort, mais j’ai l’impression de rêver de la vie…

© PF/Grinçant.com (Projections 1992-1993)

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