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Aveuglé par l’amour

AVERTISSEMENT : Ce billet date de plus d'un an.

Bidochon avait un oeil de verre, souvenir d’une bagarre sanglante avec un congénère.

L’éternel enjeu de ce genre de combat, la gent féminine.

Bidochon la voyait cependant toujours, mais il lui manquait le relief, ce qui est inévitable avec une vision monoculaire.

Aussi, la perspective devait être reconstruite par un important travail mental, indispensable pour replacer les formes dans l’espace.

Un jour, il retomba amoureux.

Après maintes circonvolutions, il lui fit comprendre sa flamme.

Ils firent domicile unique.

Pour l’amour, un seul œil suffisait, le regard n’étant qu’un préliminaire.

Les semaines passèrent dans le local exigu qui accueillait Bidochon et Binette, car tel était le nom de la dulcinée.

Un jour, ils eurent une descendance.

L’adorable petit aimait jouer jusqu’à épuisement avec sa mère.

Le père les observait toujours avec attendrissement.

Noël approchait.

Binette se mit à chercher un cadeau pour son amour de Boubette.

Bidochon avait très mal dormi, il avait fait un affreux cauchemar.

Les cloches de Noël.

Boubette découvrit son cadeau : une bille.

Bidochon s’étira et essaya de se réveiller.

Malgré ses efforts, la lumière était inaccessible.

Boubette mordit la bille.

Elle s’écrasa.

Binette, horrifiée, prit conscience de son erreur.

Bidochon, résigné, vécut cloîtré dans une partie de la niche familiale, convaincu qu’un chien ne pouvait que vivre comme un humain…

© PF/Grinçant.com (Projections 1992-1993)

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